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Sécheresse & hêtre : Effets de la sécheresse estivale 2018 sur le hêtre au nord des Alpes

Dernière mise à jour : 9 déc. 2023





Projet WHFF: 2019.15

Chef de projet: Thomas Wohlgemuth


La courte vidéo du projet sur Youtube peut être regardée en cliquant sur le lien suivant (disponible uniquement en allemand) : https://youtu.be/DWs3Z9QO-Zs



L'essentiel en bref

  • Le projet examine quels sites en Suisse conviendront encore au hêtre dans quelques décennies et quels sont les sites où il faut s'attendre à de graves pertes.

  • La croissance et les dégâts au houppier du hêtre ont été étudiés dans différentes conditions de site.

  • Les dégâts au houppier étaient les plus importants sur les sites les plus secs avec des sols peu profonds et sur les arbres plus petits et à croissance plus lente.

  • La compétitivité du hêtre a diminué sur les sites suboptimaux de plaine et l'espèce se repliera probablement sur les sites présentant une meilleure capacité de rétention d'eau.

  • Il ne faut toutefois pas s'attendre à une disparition complète du hêtre à l'heure actuelle.


Description du projet

La sécheresse estivale de 2018 a été, au nord des Alpes, la période de sécheresse la plus longue et la plus extrême sans précipitations depuis le début des relevés météorologiques systématiques en 1864. Pendant la phase la plus chaude de cette sécheresse, en juillet et en août, le hêtre et d'autres essences feuillues ont commencé à se colorer prématurément dans les régions les plus sèches de Suisse, ce qui a parfois entraîné une chute prématurée des feuilles.


L'année suivante, en 2019, l'ampleur des dégâts causés par la sécheresse s'est clairement dessinée, notamment dans les cantons du Jura (Ajoie), de Soleure, de Bâle-Campagne et de Schaffhouse, où l'on a connu localement des peuplements de hêtres avec des mortalités d'arbres de 50 % à 80 %.

Comme il faut s'attendre, en raison du changement climatique, à ce que des périodes de sécheresse prononcées comme celle de 2018 se produisent plus fréquemment à l'avenir, la question se pose de plus en plus de savoir quelles stations en Suisse seront encore adaptées au hêtre dans quelques décennies ou quelles stations devront s'attendre à de graves défaillances.


Dans le cadre du module 1, l'état des couronnes et l'infestation par des pathogènes des arbres du précédent projet 1000 hêtres ont été à nouveau relevés au cours des étés 2020 et 2021. Dans le module 2, l'état des houppiers de près de 200 hêtres a été évalué en été 2020 et 2021 dans neuf peuplements de hêtres en Ajoie (canton du Jura), qui ont été touchés à des degrés divers par la sécheresse estivale de 2018.



Conclusions

Les hêtres sur sol sec ont été les plus touchés par les conséquences de la sécheresse de 2018 dans les régions où le climat est sec, notamment dans les peuplements étudiés dans les cantons de Bâle-Campagne et de Schaffhouse. Dans ces régions, tant le jaunissement prématuré du feuillage que la chute précoce des feuilles doivent être considérés comme un indice d'affaiblissement des hêtres. Parmi les arbres présentant ces signes, 10% sont morts à Schaffhouse et 7% à Bâle-Campagne d'ici 2021. Ces pourcentages doivent être considérés comme conservateurs, car 20% supplémentaires des arbres de l'échantillon ont été abattus prématurément pour des raisons de sécurité, y compris des arbres très endommagés. Dans la région de Bremgarten/Affoltern (AG/ZH), ce pourcentage était nettement plus faible (2%). En 2020, la mortalité des houppiers a atteint un maximum de 30% en moyenne à Schaffhouse.


L'humidité de 2020 a conduit à un vert intense l'année suivante, en 2021, et à une mortalité plus faible des couronnes, en raison de la formation de nouveaux troncs collants. Les arbres présentant une forte mortalité du houppier sont aussi ceux qui ont subi le plus grand nombre de trous de forage dus aux scolytes en 2021. Un an après la sécheresse de 2018, la proportion d'arbres présentant un écoulement de mucus sur le tronc a culminé à un pourcentage de 22%. Les deux années suivantes, le flux de mucus a généralement diminué.


L'étude de neuf peuplements forestiers en Ajoie a montré que les peuplements de hêtres situés sur des sols peu profonds et, au sein de ces peuplements, les hêtres peu compétitifs et à faible vigueur présentaient des dégâts plus importants que les peuplements de hêtres de ce type situés sur des sols bien alimentés en eau et les hêtres dominants dans le peuplement et à forte vigueur.

Sur la base des résultats de ce projet, l'équipe d'auteurs conclut que le hêtre sur des sols peu profonds avec une capacité de rétention d'eau limitée s'en sortira probablement moins bien à l'avenir en cas de périodes de sécheresse extrêmes dans le cadre du changement climatique. Les régions présentant un bilan pluviométrique négatif répété en été sont particulièrement concernées, tout comme les sols peu profonds situés dans des zones climatiquement favorables au hêtre. Des différences à petite échelle, provoquées par la topographie et les différences édaphiques, peuvent conduire aux modèles rencontrés sur le terrain : des hêtres fortement endommagés à proximité immédiate d'arbres presque intacts.


Cliquez ici pour lire le rapport complet :

2019
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Vous trouverez plus d'informations sur le projet sur ARAMIS.



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